17 mars 2009
Est-ce vraiment raisonnable ?
On va faire un jeu. Vous êtes un lycéen français et, pour des raisons qui vous appartiennent, vous n'êtes pas d'accord avec les réformes du gouvernement. Avouons que c'est quand même assez banal comme situation, surtout en ce moment. Seulement voilà, vous ne vous contentez pas de manifester mais vous vous servez aussi de votre cerveau et d'un outil bien pratique pour communiquer vos idées, à savoir Internet, où vous créez un blog. Ce dernier a peu de chance d'être fréquenté mais ce n'est pas grave, mine de rien, vous opérez une démarche constructive bien que fondamentalement "d'opposition". N'est-ce pas normal ?
Moi je trouve ça normal. Je trouve même que si on envoyait des policiers dans l'école de l'individu en question pour interroger sa proviseure à son sujet (son comportement, saisie de son dossier scolaire, etc), je trouverais ça franchement abusé. On envoie la police s'occuper des cas des gens dangereux en général je crois, enfin moi c'est ce qu'on m'a toujours dit. Non mais je demande ça parce-que peut-être que c'est moi qui suis fou.
En bref, je ne sais sincèrement pas quoi penser, j'ai pas envie de tomber dans l'excès, mais franchement là, je voudrais vraiment savoir ce qui a motivé des anciens des Renseignements Généraux français à venir faire chier une proviseure de lycée au sujet d'un bloggeur contestataire.
> Chez Rue89
> Chez Le Parisien
12 mars 2009
Livrivore
Il m’est de plus en plus difficile de rentrer dans une librairie pour en ressortir avec rien, ça s’aggrave et je ne sais pas si ça va s’arrêter. Je ne sais pas à quoi c’est dû, mais depuis cette année je mets un point d’honneur à avoir en permanence un nouveau livre à disposition, une nouvelle histoire à avaler. Tenez, depuis janvier et ce blocus qui m’a donné une formidable envie de bouffer de la science-fiction (moi non plus je ne vois pas le rapport)…
- P.K. Dick m’a fait rêver et réfléchir avec un recueil de nouvelles comprenant notamment Paycheck, Nanny et dix autres histoires d’anticipation en général marquées par une future et anachronique guerre mondiale (entre soviétique et américains, ah ah), des robots, des lois injustes et la fin de notre monde. Je crois que la santé mentale vacillante de l’auteur devait pas mal jouer sur le pessimisme rampant de ses œuvres mais quand même, qu’est-ce que c’est bon.
- Isaac Asimov m’a entraîné sur la Fondation, dans plusieurs millénaires, quand l’éventualité que la Terre soit le berceau de l’humanité ne sera plus qu’une hypothèse peu crédible et qu’un Empire galactique amorcera doucement mais sûrement son déclin. C’est la longue fresque SF qu’il me fallait, très loin dans le temps et dans l’espace, et fournie en épisodes. Comme j’y reviendrai un peu plus tard pour un autre livre, certains anachronismes m’ont pas mal amusés : par exemple, l’énergie atomique est, dans ce monde, le « nec plus ultra » de la technologie, ce qui distingue les barbares des civilisés, mais des royaumes interplanétaires « décadents » arrivent à subsister sans la maîtriser… mais sans pour autant utiliser une énergie inconnue quand le livre a été écrit. Du coup, un royaume interplanétaire fonctionnant au charbon, mais si monsieur, c’était crédible en 1951 dans la tête d’Asimov.
- Mark Leyner m’a amusé avec Mégalomachine, dont je crois et suppose qu’il n’y avait rien à comprendre si ce n’est que le personnage principal est un fou furieux immensément riche et génial protégé par des vieillardes bioniques. Le genre de personne qu’on a tous rêvé d’être un jour, ce qui doit expliquer pourquoi je l’ai bouffé en deux jours chrono.
- Thomas Gunzig m’a fait rire et m’a passionné avec Kuru, bouquin faussement engagé raillant furieusement une bonne brochette de théories du complot (tout y passe : les Illuminati, le projet HAARP, Echelon, les micro-ondes pour anéantir les manifestations anti-G8…) avec des personnages tout aussi déglingués les uns que les autres, allant de l’« étudiant en art » amorphe et sans but au clone « presque » réussi en passant par l’illuminée se découvrant des pouvoirs magiques et d’autres tarés plus ou moins violents.
- Arthur C. Clarke m’emmène loin dans le système solaire avec 2001, l’Odyssée de l’Espace, dont je n'ai toujours pas vu le film. Je me demande quand même si Clarke imaginait réellement 2001 ainsi quand il a écrit ce livre. A sa publication, en 1968, Armstrong n’allait plus tarder à gambader sur la Lune, il semblait donc légitime d’imaginer que, 43 ans plus tard, la colonisation de la Lune et de Mars soit relativement avancée et que voyager vers Saturne en étant cryogénisé soit possible. On ne peut vraiment pas le blâmer de ne pas avoir prévu que les missions spatiales les plus excitantes comprenant des humains en ce début de XXIème siècle se déroulent en orbite autour de la Terre dans une espèce de grosse boite de conserve internationale. Pourtant, à côté de ça, Huyghens visite Titan, Spirit et Opportunity sillonnent Mars et Deep Impact survole une comète, pour ne citer qu’eux. En fait, Clarke ne semblait simplement pas imaginer que les êtres humains
aillent un jour aussi loin sans être présents physiquement. Évidemment, ça n’enlève rien à la grandeur de ce livre, que j’aurai probablement terminé demain.
… j’enchaînerai alors avec Les Chronolithes, de R.C. Wilson. Quel dilemme, tout à l’heure, quand je suis entré dans une librairie où je n’avais quasi jamais été et que je suis tombé successivement sur la suite de Fondation, la suite de H2G2 et ce livre de Wilson. Asimov, Adams ou Wilson… j’ai choisi Wilson car c’est le seul dont je n’ai jamais rien lu, et j’espère ne pas être déçu. De toute façon, les deux autres finiront sous peu par être miens. En attendant, laissez-moi, je vais manger du pain d’épice.
03 mars 2009
Futur trop simple
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Le futur techologique selon Microsoft ressemble à une version "Plus!" de ce avec quoi on fait joujou pour l'instant, mais comme je trouve ça joli, ça me suffit à faire tourner ce petit exemple de marketing viral. C'est tout mignon, tout rond, tout choupi, ça ressemble à s'y méprendre au design des Macbook et autres iPhones, petits bijoux que la bande à Bill semble apparamment envier, et puis c'est sobre, aseptisé, fonctionnel, rapide, on aperçoit presque Tom Cruise jouant au flic du futur dans Minority Report. On parie combien qu'ils se plantent et que 2019 ressemblera, technologiquement parlant, à tout sauf à ça ? Mais bon, c'est rigolo quand même, puis ça fait sourire et rêver un peu, c'est le principal.