24 octobre 2008
"Salut les cons !"
C'est, en gros, ce qui ressort de cette perle savoureuse dont je viens de lire la traduction. C'est signé Andrew Lahde, un homme d'affaires californien qui a récemment fait fortune grâce à la crise, celle qui nous promet des jours heureux. J'vous passe quelques morceaux choisis avant de vous filer la traduction, parce-que ça en vaut la peine :
Aujourd’hui je n’écris pas pour jubiler. Eu égard aux souffrances
endurées en ce moment par presque tous, ce serait totalement déplacé de
ma part. Je n’écris pas non plus pour faire encore quelques
prédictions, puisque la plupart de mes prévisions se sont réalisées ou
sont en cours de l’être. En fait, je vous écris pour vous dire adieu. [...]
[...] Ces gens qui étaient la plupart du temps indignes de l’éducation qu’ils
ont (supposément) reçue se sont élevés jusqu’aux sommets de firmes
comme AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers et à tous les niveaux du
gouvernement. Toutes ces choses qui soutiennent cette aristocratie
n’ont abouti qu’à rendre plus facile pour moi de trouver des gens assez
bêtes pour être de l’autre côté de mes transactions. Que Dieu bénisse
l’Amérique. (Ndmoi : ça, je crois que c'était mon passage préféré)
[...] Certains, qui pensent pouvoir estimer avec une certaine précision le
montant de ma fortune personnelle, seraient peut-être surpris de me
voir partir avec un trésor de guerre aussi modeste. Ca n’a pas
d’importance ; ce que j’ai me suffit. De plus, je cède ma place à ceux
qui tentent d’amasser des sommes à neuf, dix ou même onze chiffres.
Pendant ce temps, ils mèneront des vies minables. Avec leurs réunions
qui s’enchainent les unes derrière des autres, leur agenda rempli pour
les trois mois à venir, ils attendront avec impatience leurs deux
semaines de vacances en janvier pendant lesquelles ils resteront collés
à leur Blackberry ou d’autres appareils du même genre. Pourquoi faire ? De toute façon, dans cinquante ans, personne ne se souviendra d’eux.
[...] Le chanvre n’est pas la marijuana et vice versa. Le chanvre est la
plante male et pousse comme de la mauvaise herbe, d’où le terme employé
en argot. Le drapeau américain à l’origine était tissé en fibre de
chanvre et notre constitution était imprimée sur du papier à base de
chanvre. Le gouvernement US s’en servait encore pendant la deuxième
guerre mondiale, puis l’a interdit après la victoire. A une époque où tout le monde parle sans cesse d’autosuffisance
énergétique, pourquoi la culture de cette plante est-elle interdite
dans ce pays ? Ah, à cause de la femelle. La plante femelle maléfique –
la marijuana. Ca fait planer, ca fait rire, et pas de gueule de bois le
lendemain. Contrairement à l’alcool, elle ne provoque pas de bagarres
dans les bars et aucune épouse ne se fait tabasser. Alors pourquoi
cette plante inoffensive est-elle interdite ? Parce que c’est un
produit d’entrée bas de gamme dans le monde des drogues ? Non, dans ce
cas ce serait plutôt l’alcool, dont on fait massivement la publicité
partout. Je suis arrivé à la conclusion que si cette plante est
illégale dans ce pays, c’est parce que Corporate America,
qui contrôle le Congrès, préfère nous vendre du Paxil, du Zoloft, du
Xanax et d’autres drogues addictives, plutôt que de nous laisser faire
pousser une plante à la maison et leur faire perdre ainsi quelques
profits.(Ndmoi : C'est pas que je sois un fervent consommateur de marijuana, au contraire en fait, mais ça fera plaisir à certains)
La traduction, on la trouve ici, entre-autres. Ce mec, c'est Georges Abitbol puissance 10, c'est LA classe, il empoche tout un tas de pognon, en profitant d'un système dont il a lui-même prédit l'effondrement, et puis il se barre, riche, en laissant une lettre adieu enjoignant ceux qui le voudront bien à profiter de la vie. C'est-y pas formidable ? Et c'est pas tout, il en profite pour rappeler une dernière fois, pour ceux qui ne l'auraient pas compris, qu'il a eu parfaitement raison depuis le début et qu'apparemment ça continue, il glisse un magnifique "God bless America" et fait l'éloge de la feuille de chanvre pour ses capacités énergétiques, tout en ridiculisant la diabolisation de la marijuana, histoire d'en rajouter un peu. Ne zappez pas non plus le passage sur la "méritocratie" et l'allusion sur les plus puissants lobbyistes qui font pression sur le Congrès, c'est sympa aussi, et plutôt plein de bon sens.
With that I say good-bye and good luck.
All the best,
Andrew Lahde.
21 octobre 2008
Vrac.
Après un mois à pédaler dans du pudding au chocolat, il semblerait que je commence doucement à trouver un certain rythme de croisière. Il y a des signes qui ne trompent pas : je ne me suis pas endormi en Théorie des Organisations depuis deux semaines et j'arrive même à prendre quelques notes en Droit Constitutionnel, c'est un progrès plus que significatif. Tenez, j'ai carrément travaillé quelques heures aujourd'hui. Bon, je triche un peu, c'est pas comme si j'avais potassé un syllabus au nom abscons, mais c'est quand même laborieux : il s'agit de retranscrire -au mot près- une interview de cinquante minutes donnée ce week-end. Bon, on est deux pour le faire, ça n'en fait plus que vingt-cinq. N'empêche, il m'a fallu environ 3/4 d'heure pour retranscrire cinq minute. Courage, j'en suis à treize. Après, 'faudra penser à réaliser la seconde interview.
A part ça, j'ai fini Leela (mais si, le bouquin à la couverture ROSE écrit par un indien) et ça m'a fameusement plu : je dirais que c'est une jolie parodie de notre petit monde tellement dépendant des ordinateurs. 'Suffit qu'un immigré indien un peu trop exploité et doué en piraterie numérique veuille montrer ce qu'il sait faire et hop, tremblement de terre global. Quelques longueurs, peut-être, mais la façon dont tout s'imbrique et dont les destins de personnages, apparemment sans rapports, se croisent est vraiment très réussie. Quant à la fin, elle a considérablement raccourci mon voyage en train Louvain-La-Neuve - Tournai (deux heures) tellement je l'ai dévorée. Bref. Je vais me lancer sous peu dans Hiroshima, un récit de John Hersey, journaliste du New Yorker envoyé dans la ville meurtrie en 1946 pour interviewer des survivants. Beaucoup moins gai, mais forcément instructif.
Demain, c'est les 24h Vélo de Louvain-La-Neuve. Deuxième plus grand débit de boissons d'Europe (après la fête de la bière de Munich, paraît-il), c'est aussi environ 50.000 personnes potentiellement éméchées qui s'entassent sur un périmètre pas si grand que ça. Bon, cette fois-ci, je me pose quelque-part et je ne bouge pas, alcool ou non, plus question d'un parcours du combattant sans fin pour traverser la ville plusieurs fois. En gros, je m'attends à tout.
12 octobre 2008
Mort d'un salopard.
Plus vraiment tout jeune mais encore bon pied bon œil, dynamique, bronzé, souriant, surfant vers de nouveaux succès, Jörg Haider s'est, tel le capitalisme financier, crashé en fonçant vitesse grand V sans aucune prudence sur une route qui n'était pas prévue pour. Ce décès me fait réfléchir. Déjà, c'est une mort inattendue. On sait que les reportages sur la mort de Benoît XVI, John McCain et autres personnages médiatiques âgés sont déjà sur le feu depuis belle lurette dans les rédactions, mais il y a fort à parier que cette mort-là a dû être rédigée dans l'urgence. Ensuite, se pose la question de la réaction à tenir face à la mort d'un vrai salopard. En soi, la mort de quelqu'un ne me fera jamais plaisir, je suis tout simplement dans l'impossibilité de considérer cela comme quelque-chose de positif (je vous vois venir avec l'euthanasie, mais là n'est pas la question) mais, par contre, il est évident que je ne le regretterai pas, le Jörg.
Je ne sais pas comment les médias réagissent et couvrent l'événement en Autriche mais, ici, force est de constater que le sujet est plutôt mis en retrait derrière la crise financière. Je viens cela dit de lire une remarque intéressante. Il y a 8 ans, quand son parti d'extrême droite de l'époque, le FPÖ, négociait son entrée au gouvernement autrichien suite à son succès aux élections législatives, cela créa un véritable tollé européen. Mes souvenirs sont clairs : Jörg Haider était décrit comme un extrémiste néo-nazi des plus dangereux. J'en viens à la remarque qui m'a fait réagir : il semble, en effet, qu'on ne présente plus le sinistre personnage que comme un simple "populiste" finalement respectable, alors qu'il avait valu à son pays d'être mis au ban des nations européennes pendant quelques temps au début de la décennie. Apparemment, la classe politique autrichienne lui rend en ce moment un vibrant hommage, c'est gerbant. Je ne peux tout simplement pas concevoir qu'on salue la mort éventuelle de Le Pen ou de Dewinter avec des termes comme "homme politique de grand talent". Le populisme... un nouvel euphémisme pour désigner le retour en force de toutes ces idéologies de la pire espèce ? Pour rappel : à peu près 28%, c'est le score combiné des deux partis d'extrême droite autrichiens lors des élections législatives du 28 septembre 2008. Si les cafards commençaient à envahir ma maison, c'est pas pour autant que je me mettrais à les respecter, ces nuisibles. Enfin, encore heureux qu'il n'a pas été assassiné, le Jörg, z'auraient été capables d'en faire un martyr.
Sur ce, je m'en retourne à mes occupations et vous laisse avec Emilie Simon et une chanson vaguement en rapport avec le sujet.
06 octobre 2008
Mouh.
Oublions nos ennuis d'étudiant, dont je me préparais à tartiner des pages ici, pour nous concentrer sur autre chose. Je me suis acheté un livre d'occaz tiens, dans la collection 10/18 dont je vais devenir sous peu un inconditionnel, je le sens. Celui-ci s'appelle Leela, sa couverture est ROSE, c'est écrit par un indien (un certain Hari Kunzru, mais je n'ai même pas eu peur) et ça parle de virus informatique planétaire qui emmerde le monde à coups de comédie musicale. Ça me plaît, comme résumé. Ce dernier indique même que tout ce bordel va jusqu'à la paralysie de l'économie planétaire, du coup je ne suis pas très éloigné de l'actualité. Marrant quand même, je vis une des pires crises financières mondiales depuis 1929 et je me sens à peine concerné. A vrai dire, ça change un peu de voir nos ministres parler d'autre chose que de réforme de l'Etat, limite ça recentre un peu les priorités. Au fait, n'oublions pas d'avoir une petite pensée pour l'oncle Bart, qui s'en retourne (espérons-le) dans un anonymat politique bien mérité. Maintenant, on va se taper Jean-Marie, ouh yeah. On est prévenu, ce monsieur est apparemment l'homme le plus populaire de Flandre, on va rire aux prochaines élections. Oh et puis merde.
Y'a quelqu'un ici qui lit des blogs politiques (ou qui en tient un) et qui serait intéressé par un entretien d'une petite heure ? Alleeezzz, je serai votre ami et vous pourrez parler de vous et rien que de vous pendant tout ce temps, avouez que c'est tentant, non ? Bon, en fait, ça m'aiderait surtout beaucoup. C'est pour un travail de groupe dans une matière que je n'aime pas, voilà.
Au fait, comme Rick Wright est mort, que c'est très triste, et que j'aime beaucoup Pink Floyd, voici Us And Them.
02 octobre 2008
Concerts.
Commençons par Haze-L. Deux concerts ce mois-ci, très attendus par moi-même. TPE d'abord, là où j'ai découvert AmAndA et Ghiribizzi, pour ne citer que ceux-là. D'excellents moments en temps que spectateurs et pouf, me voilà de
l'autre côté de la salle. On a beau dire, ça fait quelque-chose, même si ça ne fait jamais qu'un mètre ou deux de différence vu la taille de l'endroit. Bon, il se trouve que j'avais une crève carabinée mais c'est pas grave, c'était marrant. Rock'n'roll en fait, une heure et demi de concert alors qu'on ne joue que trois quart d'heure d'habitude. Ça faisait aussi environ un mois qu'on n'avait pas joué, depuis ce concert à la plaine des manœuvres devant quasi personne où j'avais pris mon pied comme jamais. Ce ne fut pas aussi exaltant cette fois-ci, vu mon état, mais agréable. Ça faisait d'ailleurs longtemps que je n'avais plus été là, cette ambiance m'a rappelé de très bons souvenirs. Et puis merde, un mois sans jouer It's a Game et Behind The Sun, pour ne citer qu'eux, ça commençait à me manquer.
Cela dit, il faut bien avouer une chose : ce ne fut rien à coté du concert de la semaine suivante, à la Maison de la Culture pour le compte du zOOmfestival. Imaginez un peu : un vrai public ! Qui réagit ! Des retours ! Une grande scène ! Une
grande salle ! Une des plus belles de Tournai en fait, il faut le dire. Quel pied. Quarante-cinq minutes mémorables malgré un grand manque de sommeil me concernant. A noter, la présence très remarquée de Jean et Samuel en costume traditionnel écossais (Samuel ayant été plus loin dans le réalisme que Jean, je vous laisse deviner comment) aux deux extrémités de la scène, affublés d'un air grave, durant les deux premiers morceaux. Leur côté écossais les a d'ailleurs poussé à siphonner du whisky jusqu'à ce que ce soit très rigolo. Cependant, au zoom, j'y étais aussi en temps que spectateur. J'ai malheureusement raté Aka Point, qui jouait pendant qu'on rangeait le matos, mais je n'ai pas raté le retour de Pillow sur scène. Enfin, Pillow... disons, trois membres sur les cinq auxquels s'ajoutaient deux remplaçants. Pas qu'ils soient mauvais, les nouveaux, mais les deux remplacés étaient justement deux pièces maîtresses du groupe, à mon avis. Je me suis bien amusé pendant leur concert mais je n'ai pas retrouvé le feeling de la dernière fois que je les avais vu, disons que ça manquait de quelque-chose. De pèche ? D'émotion ? Enfin bon, c'était quand même Pillow, ça faisait plaisir de les revoir.
Le reste de la soirée est plus aléatoire. Excessivement fatigué, j'ai fait un nombre incalculable d'aller-retours entre les deux salles pour me maintenir éveillé, mais j'ai quand même pu remarquer The Ugly Buggy Boys
(absolument formidables dans leur genre, avec un contrebassiste fou), Wickeda (c'est du ska/punk bulgare et c'est sympa, quelques reprises originales aussi) et le Oktopussy Tuba Orkestra qui remplaçait Milk, dans un tout autre genre. Ce groupe au nom compliqué, c'est un truc que je n'aurais, je crois, jamais écouté de moi-même avant. Hyper technique, c'est, en gros, un groupe de jazz composé de tout un tas de cuivres, d'une batterie (ce batteur, quel jeu o_o) et d'une guitare. Du grand art, mais il n'y avait pas grand monde pour les voir. Chapeau de les avoir placé en tête d'affiche en tout cas, c'était osé (OK, pas tout à fait volontaire, mais le résultat est là). Ah, et j'oublie Raspoutitsa, que j'avais envie de voir depuis quelques temps et qui m'a grandement plu. Du rock plutôt atypique avec du chant en français et des textes... un peu barrés, il faut le dire. C'était une bonne soirée. Après, j'ai dormi.
Enfin voilà, c'était une nouvelle note musicale, finalement. J'aurais d'autres choses à dire, mais ce sera pour une autre fois.
PS : La première photo est de TPE. La seconde de Noémie Le Boulengé. La troisième de Mathieu Demuldre (et dessus, c'est le chanteur de Wickeda).