Ne pique pas les yeux, évite les noeuds.

29 janvier 2011

This is the end

Il devenait temps de migrer vers d'autres cieux, que voici : http://nonivuniconnu.be/

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25 janvier 2011

Silex

silexdebruyckerJ’avais promis d’écrire une note sur ce livre, Silex : La Tombe du Chasseur, de Daniel De Bruycker, mais j’ai un problème : je n’arrive pas à trouver par quel bout le prendre. Je me sens relativement à l’aise pour parler de livres de science-fiction, mais ce n’est pas forcément le cas pour les autres styles de littérature dans lesquels mon background est tout simplement beaucoup plus réduit. Ce serait pourtant dommage de me priver de partager mon ressenti à propos de ce roman que j’ai trouvé magnifique.

Silex : La Tombe du Chasseur, est un petit livre écrit comme un journal de bord. Ecrit par un archéologue soviétique à la fin des années 80, il relate au jour le jour les fouilles d’une équipe de trois scientifiques sur le site du tombeau d’un homme de Neanderthal. C’est tout le processus d’exhumation qui est abordé par le narrateur, ce dernier ne se privant pas de donner sa propre vision de ce que lui et ses compagnons accomplissent là, perdus en plein Tadjikistan. L’intérêt du journal, c’est qu’il est personnel, et permet de laisser libre cours aux réflexions les plus audacieuses, qui n’auraient pas leur place dans un travail scientifique : on retrouve donc surtout, à travers ce journal agrémenté de cours poèmes, une véritable réflexion sur l’archéologie et les origines de l’humanité. « Pourquoi ces fouilles ? Qu’en auraient pensé ceux qui ont creusé le tombeau ? Qui était son occupant ? Pourquoi est-il enterré précisément là ? » sont des exemples de questions autour desquelles le narrateur écrit, pense et poétise.  

Un petit mot tout de même sur le style d’écriture, très fouillé, usant d’un vocabulaire vraiment riche et agréable qui m’a plus d’une fois obligé à ressortir mon dictionnaire, que ce soit pour des mots liés à l’archéologie ou tout simplement moins communs que la moyenne. Non content de m’avoir offert à réfléchir à nos si lointains ancêtres, Silex m’a aussi permis d’enrichir mon vocabulaire. Et ça, c’est peu banal. 

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10 janvier 2011

En studio avec les Beatles, de Geoff Emerick

studioavecbeatlesPourquoi pas ? Parce-que ça change un peu et que je n’oublie pas que je suis un peu musicien, même si ma basse prend la poussière (qu’elle se rassure, ce n’est que temporaire), que j’aime la pop, et qu’en terme de pop, les Beatles c’est quand même quelque-chose. Alors quand on me prête un bouquin écrit par un ingénieur du son responsable entre-autres de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, et bien je le lis, oui monsieur. Pourtant, ma connaissance des Beatles, avant de me plonger dans ce pavé, se limitait grosso modo à l’album que j’ai cité et à Revolver, plus quelques morceaux du White Album (que je n’ai jamais pu écouter en entier, et je ne suis pas sûr que ça va changer) et des singles par ci par là. Fragmentaire, c’est cela. Pourtant, ce n'est pas comme si je n’avais pas lu Douglas Adams clamer son admiration sans borne pour ce groupe dans le recueil posthume Fonds de Tiroir, mais je m’égare.

J’ai bien aimé ce livre parce-que Emerick ne prend pas de gants, il raconte son vécu sans complaisance particulière pour le groupe qu’il a (qui l’a ?) servi, ni pour EMI et les studios Abbey Road. Il est même, comme le signale Elvis Costello dans la préface, particulièrement critique par moments, surtout quand il s’agit d’évoquer le comportement erratique de certains Beatles (bon, de Lennon surtout) voire de l’ambiance plus que détestable ayant régné dans le groupe à partir d’une certaine époque (grosso modo, le White Album). Pas de complaisance non plus vis-à-vis de lui-même et de son boulot mais pas de modestie excessive non plus : il sait qu’il a contribué à faire évoluer la musique pop vers des sons nouveaux et qu’il est, à cette époque, un des premiers dans son job à avoir osé là où d’autres se contentaient de suivre les règles établies. Qui sait si, sans sa soif de nouveauté, les Beatles auraient pu concrétiser la leur ?

On rit à la lecture de ce livre (la description de l’enregistrement du single She Loves You dans des studios en état de siège est savoureuse), on s’agace aussi souvent, et on est parfois complètement abasourdi à l’idée d’imaginer ce qui se passait dans la tête de certains Beatles, sans jamais perdre de vue que ces gosses étaient finalement complètement enfermés en studio, l’hystérie des fans ayant contraint le groupe à abandonner jusqu’à l’idée d’une tournée. Le tout est décrit du point de vue d’un ingé son lui aussi confronté à ses problèmes, à savoir par exemple une hiérarchie réac’ et procédurière obligeant ses employés à travailler en chemise et cravate, créant une distance inutile entre eux et des groupes de plus en plus excentriques (les années 60, tout ça…). Geoff Emerick prend d’ailleurs un malin plaisir à raconter comment il n’a pas contourné les règles vestimentaires mais bien tout le reste : le nombre de fois où il écrit avoir risqué son job par des essais aussi dangereux pour le matériel qu’innovateurs dans le domaine sonore, sous la pression de Beatles intransigeants, est assez conséquent.

Mais je m’égare encore. Au final, je crois que ce livre est enrichissant tant pour son volet musical que pour la riche description des rapports humains (en milieu clos, oserais-je presque ajouter) qu’il offre : l’un comme l’autre étant uniques en leur genre. Et comme je voudrais éviter moi aussi d’être trop complaisant, j’ajouterais juste que la partie consacrée aux suites de la séparation (comme l’enregistrement d’un album de McCartney) était peut-être de trop, mais les fans hardcores du groupe ne seraient probablement pas de mon avis.

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20 novembre 2010

De la difficulté de trouver un bon titre

Je m’en voudrais de ne pas continuer ce que j’ai commencé. Je veux parler de cette série de livres à propos desquels j’ai donné mon avis en essayant de développer un peu. C’est plutôt amusant à faire, et si en plus ça donne envie à une ou deux personnes d’ouvrir un des livres en question (ou au contraire de s’en éloigner), j’en serai comblé. Pour changer, je vais parler d’un livre que je n’ai pas trop aimé.

retourdestenebresNightfall (lamentablement traduit par Le Retour des Ténèbres, donnez moi un flingue) part plutôt bien pour un roman de SF. L’idée est simple et prend place sur une planète quelconque, semblable à la nôtre sauf sur un point : elle a dans son entourage six soleils, avec  pour conséquence que la nuit n’y tombe jamais. L’intrigue commence alors que des découvertes scientifiques s’accumulent à propos de cataclysmes survenus à intervalles réguliers à des époques reculées et que, parallèlement, une puissante secte annonce la venue imminente du prochain de la série. Elle en précise même la date mais surtout la nature : la tombée de la nuit, pour quelques heures, accompagnée d’un phénomène terrifiant appelé « étoiles ».

Mais j’arrête là, l’idée n’étant pas de savoir si cela va arriver, mais de comment cela va arriver, et des conséquences qu’un tel phénomène pourrait provoquer sur une espèce pour laquelle l’obscurité est un cauchemar. En fait, cela m’a un peu fait penser au Ravages de Barjavel, en moins marquant cependant. Pourtant, Nightfall est cosigné par deux pointures : Robert Silverberg et Isaac Asimov themselves, casting 5 étoiles pour un roman SF. Mais non. D’Asimov, pour ne citer que lui, je n’ai retrouvé ni l’inventivité débordante et le sens du suspense que l’on peut trouver par exemple dans le cycle de Fondation. L’idée est là, le talent aussi, mais en mode mineur. J’ai lu tellement mieux de l’un et l’autre, alors que leurs bibliographies me restent largement inconnues, que voilà : bof.

J’ai d’autant de mal à parler de ce livre que je suis passé radicalement à autre chose en me plongeant dans Gonzo Highway, recueil de la correspondance de Hunter S. Thompson, journaliste et écrivain américain à qui l’on prête l’invention du journalisme dit « gonzo ». Au fait, vous ai-je dit que je trouvais ça époustouflant ? 

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16 novembre 2010

Verticalement, quatre lettres : divin dessert

 

Le flan. Voilà un mot, un met, bien singulier. Comment résumer en quelques lignes la fascination qu’exerce sur moi cette délicieuse preuve de l’ingéniosité humaine et de la vigueur de sa civilisation, laquelle peut être drôle jusque dans la nourriture ?

Un flan, premièrement, c’est mou, donc inoffensif. Mais un flan peut aussi se caractériser par sa stabilité : remuez légèrement un flan, il se contentera de se secouer sensuellement jusqu’à recouvrer sa stabilité pleine et entière. Il s’agit d’un savoir vivre indéniable. Le flan, de plus, est variable : caramel, chocolats fruits divers, il s’adapte et c’est tant mieux pour tout le monde. Il ne s’adapte d’ailleurs pas que pour le plaisir des papilles, il sait aussi se montrer pratique. L’emballage de plastique disgracieux du délicieux repas vous ennuie ? Le flan se contentera de se glisser hors de son cocon et d’atterrir avec grâce là où on le lui demandera.

Un flan, enfin, est efficace jusque dans le mot qui le désigne : à quoi s’attendre d’autre quand ces quatre lettres s’enchaînent à nos oreilles ? A rien de rocailleux, rien de rugueux. Rien de noble non plus me direz-vous. Juste à cette matière indéfinissable et appétissante, pour la plus grande gloire de l’Humanité. 

 

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14 novembre 2010

Atterrissage imminent

Stop ! Ça suffit. Littérairement parlant, je dois changer de disque quelques instants. La SF c’est bien, mais il s’agit de ne pas rater la navette quand elle nous invite à retourner sur Terre. Prochaine lecture : Gonzo Highway, de Hunter S. Thompson, radical et salutaire changement d’univers et de style.

Dehors_les_chiens_les_infid_les_de_Ma_a_MazauretteCela dit, je triche un peu. Après L’Oreille Interne, je me suis plongé dans un roman de fantasy. J’ai plusieurs fois essayé d’en écrire quelque-chose mais je m’en suis révélé incapable, ce qui me contrarie quelque peu. J’ai bien tenté de faire de l’humour : comme quoi la fantasy c’était grosso modo de la SF sauf qu’on remplace le vaisseau spatial par un cheval et le téléporteur par un magicien, mais c’est quand même un peu lourd (et vaguement caricatural). Pourtant, j’ai bien aimé ce livre, Dehors, les chiens, les infidèles (c’est son titre, n'y voyez rien de subliminal), tout comme j’apprécie son auteur, Maïa Mazaurette, dont je suis les forfaits sur internet depuis quelques temps déjà.

Un mot quand même sur ce roman (le troisième de l'auteur) : centré sur un petit groupe de personnages centrés sur le même objectif mais pourtant très différents les uns des autres, il nous emmène dans un moyen-âge « alternatif » où les « forces des ténèbres » auraient vaincu « la lumière », c'est-à-dire la chrétienté. Du coup, paf, malédiction : nuit perpétuelle sur le monde, ce qui nous ramène à nos personnages, en réalité des guerriers choisis par les dirigeants chrétiens pour retrouver une arme légendaire qui ramènera la lumière. Ça a l’air très manichéen comme ça (et d’une certaine manière ça l’est), mais tout l’intérêt de l'intrigue réside en fait dans les doutes, certitudes et interactions des personnages. C’est un roman fantasy (genre que j’affectionne beaucoup moins que la SF) qui m’a réellement plu, qui ne s’embarrasse pas de longues descriptions fastidieuses de paysages grandiloquents ni de noms vikings à rallonge (pour rester dans la caricature de mauvaise foi).

Ce que j’aurais probablement dû éviter de faire, c’est enchaîner avec un roman SF basé sur le même thème. Mais finalement, j’en parlerai une autre fois.

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30 octobre 2010

Une autre histoire

loreille_interneDans ma note précédente, j’ai parlé de SF, de liberté laissée à l’auteur, de concepts béton, etc… J’ai tenté d’appliquer ça à un space opera dans lequel il était question de voyages spatiaux et de découvertes archéologiques au XXIIIème siècle, et je vais maintenant le faire pour un roman tout aussi estampillé SF mais dont l’intrigue prend place dans les années 70. Son nom : L’Oreille Interne. Le concept béton ? La télépathie. Sujet bateau ? Je l’admets, mais ce serait oublier que l’auteur s’appelle Robert Silverberg, qui n’est pas une clanche car il n’est rien d’autre qu’un des plus grands auteurs de science fiction.

Du coup, le concept de la télépathie, il l’exploite sacrément bien. En guise d’intrigue, nous suivons David Selig, un juif new-yorkais dont l’occupation principale dans la vie consiste à se faire rétribuer pour écrire les travaux universitaires d’étudiants qui font appel à ses services parce qu’ils ont autre chose à faire. Mais David Selig est télépathe : il capte les pensées des gens, il sait tout sur eux avant qu’ils n’aient produit le moindre son. Il pourrait en tirer avantage mais ce don le rend malade et il se considère comme un monstre. Lui-même narrateur du roman, il nous raconte sa vie sur le ton désabusé d’un type qui n’attend rien de la vie, d’autant que son don (ou sa malédiction, c’est selon) le quitte lentement mais sûrement, ce qui n’est pas sans le perturber.

En faisant acquisition de L’Oreille Interne (paru en 1974), je ne savais pas que je m’attaquais à un des romans de Silverberg réputés les meilleurs, je n’avais même aucune idée de ce que j’allais lire, le vague concept de télépathie et le nom de l’auteur ayant suffi à me donner envie. Finalement, ce livre est plutôt éloigné de la science-fiction tel qu’on l’imagine traditionnellement, on y trouve plutôt de la psychologie, de l’humour et de la mélancolie, le tout bien dosé. Forcément je ne regrette pas mon choix et j’ai hâte de me plonger un peu plus dans la biographie pléthorique de Robert Silverberg. 

PS : Au fait, je m'en voudrais de ne pas citer le traducteur, Guy Abadia, qui a vraiment fait du bon boulot il me semble.

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24 octobre 2010

Rêves de gosse

machinesdedieu

Quitte à me répéter, ce qui me plaît tellement dans la science fiction, c’est la liberté que peut s’offrir le romancier en décidant d’écrire une histoire dans ce genre. J’adore l’idée qu’un seul concept en béton, s’il est alimenté par un écrivain un minimum doué, peut aboutir à un roman de cinq cent pages à la fois original et passionnant. Prenez Les Chronolithes, de Robert C. Wilson, le concept est simple : un monolithe géant surgit sans crier gare en Asie et annonce la victoire d’un chef de guerre dans un futur pas très lointain. Le concept est là, et  l’écrivain garde toute liberté de le développer de façon trash, conventionnelle, cucul, absurde, réaliste… C’est pour ça que j’aime la science-fiction : Douglas Adams et Robert C. Wilson ont comme point commun de rêver aux étoiles, mais traitent leurs idées de manières très différentes.

J’aime aussi la science-fiction par les possibilités qu’elle offre de « vivre » des rêves de gosse. Tenez par exemple, quand j’étais petit l’archéologie me faisait rêver : déterrer des restes de civilisations éteintes depuis des milliers d’année, imaginer comment pouvaient bien vivre ces gens, pourquoi ils ont disparu… c’était magique. A l’opposé, j’étais fasciné par les bouquins sur l’espace : la conquête spatiale, Apollo, les sondes parties visiter Venus, Mars, Saturne, les télescopes braqués sur des lointaines galaxies où, peut-être, des p’tits hommes verts étendaient un empire florissant… Rêver, toujours rêver.

Et puis tout récemment, au détour d’un rayonnage virtuel, je tombe sur un bouquin nommé Les Machines de Dieu (The Engines of God), d’un certain Jack McDevitt, inconnu au bataillon. Un œil à la quatrième de couverture m’apprend que l’intrigue traite d’archéologie dans l’espace : deux rêves de gosse pour le prix d’un ! Banco madame, j’achète.

Plus concrètement, l’histoire prend place au XXIIIème siècle : la planète Terre continue de crever à petits feux et la situation devient très préoccupante (les famines semblent devenir courantes). Mais la recherche scientifique suit son cours et les Hommes peuvent désormais atteindre aisément les étoiles les plus proches, autour desquelles des chercheurs ont repérés des planètes habitées, ou bien qui l’ont été. Mieux, de gigantesques et magnifiques monuments sont découverts éparpillés dans l'espace (dont un dans le système solaire) : statues, formes géométriques parfaites en orbite, etc… Pourtant, Les Bâtisseurs de Monuments, comme les appellent les chercheurs, semblent avoir disparu de la circulation depuis un sacré bout de temps. Parallèlement, nous suivons une équipe d’archéologues en pleines fouilles sur la planète Quraqua, d’où toute civilisation intelligente a également foutu le camp on ne sait trop pourquoi, non sans laisser des tas de vestiges passionnants. Problème, cette planète est également destinée à être terraformée au plus vite, et certains en ont assez qu’une bande de rigolos ralentissent le projet pour une histoire de temple enfoui et de possibles découvertes fondamentales.

Voilà, si vous êtes comme moi ça devrait vous donner envie. J’ai été franchement happé par l’intrigue, même si certaines longues descriptions m’ont parfois semblées inutiles (mais il s’agissait plutôt d’impatience de connaître la suite). Les personnages sont intéressants et, tout comme l’intrigue, ils sont crédibles. Pour un roman de ce type, ça me paraît indispensable. Des questions intéressantes sont de plus soulevées, telles que le conflit d’intérêt entre la recherche fondamentale et l’action plus concrète consistant à apporter des réponses à des problèmes urgents : deux nobles causes, des êtres humains motivés par des bonnes ou mauvaises intentions dans les deux cas, mais au final deux clans qui se marchent tristement sur les pieds. Dans Les Machines de Dieu, une bonne partie de l’histoire est consacrée à l’opposition entre les archéologues de l’Académie et les terraformeurs de la société Kosmik. Mais pas que. Le concept de base du roman reste le mystère autour de ces mystérieux grands monuments et leurs non moins mystérieux bâtisseurs : qui étaient-ils, quand, et pourquoi ne viennent-ils pas dire bonjour ?

J’ai encore bien rêvé, je suis content. Ah, et en plus, les aventures de Priscillia Hutchins, la pilote et personnage principale du roman, continuent dans Deepsix, la suite d’un cycle de six bouquins (qui ne signifie pas pour autant que la fin des Machines de Dieu nous laisse en plan, et c'est plutôt un bon point).

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16 octobre 2010

"Salut Toto !"

martiensgohomeUn roman plus léger, disais-je dans ma précédente note. Dont acte ! Martiens, go home ! est le titre du livre que j'ai dévoré le week-end dernier, un titre qui donne au moins une, sinon deux, informations sur la teneur de l’intrigue : de un, elle parle de martiens, de deux, ils ne sont pas les bienvenus. L’idée de départ est la suivante : et si les martiens étaient réellement petits et verts ? Et s’ils étaient, non pas belliqueux au sens qu’ils débarqueraient de l’espace armés jusqu’aux dents, mais juste intensément lourds et querelleurs ? En d’autres termes, s’ils se contentaient d’emmerder le monde en permanence avec délectation ?

Voilà la base. Evidemment, c’est rigolo, et le personnage principal, nommé Luke Dereveaux, n’est pas sans rappeler un certain Arthur Dent, héros de ma comédie galacto-romanesque préférée : H2G2, du vénéré Douglas Adams. Fredric Brown, auteur de présent bouquin et qui fut très prolifique en son temps pourrait avoir inspiré Adams, même si ce dernier ajoute à ses romans une dose d’humour anglais auquel je donne ma préférence (il m’a déjà fait rire aux larmes). A noter que Martiens, go home ! date de 1954 et que son auteur est mort en 1972. Je ne connais pas le reste de sa bibliographie, apparemment bourrée de romans et de nouvelles tant SF que policières, mais des titres comme Night of the Jabberwork ou What Mad Universe ne sont pas sans susciter ma curiosité, on est en plein dans la SF parodique et grotesque, ça me plaît.

Je me suis bien amusé en tout cas, mais peut-être pas autant que je m’y attendais, allez savoir pourquoi.

 

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07 octobre 2010

"Et qu'avez-vous ressenti, alors ?"

 

uneordureUn peu plus de cinq cent pages d’abominable. Une ordure, d’Irvine Welsh (connu pour son Trainspotting transposé au cinéma) m’a marqué, c’est indéniable. Tout autant que je suis bien content de l’avoir fini. Après avoir tourné la dernière page, je me suis levé et j’ai été prendre l’air, parce-que j’en avais vraiment besoin. Je ne suis pas particulièrement habitué aux bouquins trash, même si j’ai bien lu quelques Chuck Palahniuk et Bret Easton Ellis mais là, j’ai l’impression que même avec un background aussi peu fourni que le mien, je peux raisonnablement dire que Irvine Welsh (dont je n’ai encore rien lu d’autre) a touché juste.

A priori je n’ai pourtant rien de commun avec un brigadier de police écossais « enquêtant » sur le meurtre d’un noir à Edimbourg tout en essayant d’obtenir une promotion. Mais le truc c’est que ce bouquin est écrit à la première personne, et Bruce Robertson ne laisse pas le choix au lecteur : il raconte ses horribles pensées et ses horribles actes avec ses horribles mots. Pas d’autre choix que d’essayer de comprendre ce qui ne tourne pas rond chez ce mec, même s’il faut plonger au plus profond de la merde qu’il nous balance au visage. Bizarrement, je n’ai été qu’une seule fois confronté à un moment qui m’a été si insoutenable qu’il m’a fait lâcher le bouquin (ça tombe bien, mon train entrait en gare, et puis je suis trop émotif), le reste du temps cela restait tristement et salement abject, odieux et haineux, mais aussi vachement bien écrit (même si je me suis contenté de la traduction). De temps en temps, un autre narrateur s’impose via une pirouette stylistique qui m’a paru sympathique, et donne un autre éclairage à l’intrigue, non moins dégueulasse mais souvent bienvenu pour souffler un peu. Parce-que Bruce Robertson est très, très, très difficile à vivre et à suivre. En toile de fond, bien sûr, c’est à une critique sacrément négative de la société (britannique vu le lieu de l’action, mais pas seulement) qu’on assiste, l’histoire n’étant jamais, comme souvent, qu’un prétexte.

Je ne dis pas que je vais de ce pas plonger dans un autre roman d’Irvine Welsh, je vais plutôt me tourner vers quelque-chose de plus léger. Mais ce n’est pas demain que je vais arrêter de penser à ce bouquin, ça c’est certain. Rien que de l'avoir ouvert pour retrouver quelques lignes marquantes (que je n'ai pas retrouvées, c'est con), ça m'a retourné. Difficile à conseiller à quiconque veut passer un "bon" moment, mais je suppose que je me suis fait comprendre.

 

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