02 juillet 2009
Acquisitions musicales
C'est l'évidence, revoilà juillet. Et, ça n'a rien à voir, j'ai fait des acquisitions. Une bonne dizaine de CDs, de manière à fêter en bon capitaliste la fin (et la réussite) des examens et surtout de cette putain d'année de merde d'un point de vue cours. A vrai dire, j'ai rattrapé en très peu de temps une année d'hésitations concernant l'achat d'albums ("hooouuu je les veux tous, je prends rien"). Mais procédons dans l'ordre.
J'ai d'abord cédé à l'achat d'une nouveauté : le dernier, et controversé, Depeche Mode. Après quelques premières écoutes, Sounds of the Universe n'a en effet que peu de rapport avec le précédent, Playing The Angel. Je le qualifierais de plus audacieux, de moins évident à l'écoute. A vrai dire, pour l'instant, seules les trois premières pistes (In Chains, Hole to Feed et le fameux Wrong) m'enthousiasment particulièrement, ainsi que l'étrange et court instrumental Spacewalker, qui m'évoque terriblement certaines compos de Nobuo Uematsu dans Final Fantasy XIII, un morceau nostalgeek donc. Le reste, pour l'instant, m'indiffère ou m'agace. Mais j'ai lu que cet album s'appréciait sur le long terme, et il a au moins le mérite de suffisamment travailler ma curiosité pour que je me penche à nouveau dessus avec plaisir. Quand je connaîtrai toute la discographie du groupe, je me permettrai peut-être des comparaisons plus travaillées, mais je doute que je finisse par apprécier Sounds of the Universe autant que le formidable Violator. Prochaines étapes dans ma découverte du groupe : Ultra, Songs of Faith and Devotion, Music for the Masses et Exciter, que je ne connais soit que fragmentairement soit pas du tout. J'en connais peu sur Depeche Mode en fait, et peut-être tant mieux, ça me promet encore du plaisir en découvertes.
Du côté de mes autres acquisitions, il y en a un certains nombres qui étaient déjà "rentabilisés" depuis longtemps, beaucoup écoutés mais jamais achetés, on y trouve :
- Playing the Angel, de Depeche Mode
- Demon Days, de Gorillaz (enfin ! C'est un de mes albums préférés toute musique confondue)
- Made of Bricks, de Kate Nash (ça peut surprendre, mais j'aime beaucoup sa musique)
- Le premier album des Scissor Sisters (du bonheur en barre pailletées)
- Appetite for Destruction, des Guns'n'Roses (What else ?)
- Dance of Death, de Iron Maiden (j'aurais pu tout aussi bien en prendre un autre, mais c'était le moins cher parmi mes préférés)
- Du Ciment sous les Plaines, de Noir Désir (du bon gros rock dans la gueule)
- Andy Warhol, du Velvet Underground (un album légendaire dans sa discothèque, ça fait toujours classe, surtout quand il est si bon)
Du côté des découvertes, parce-que c'est cool aussi de découvrir des trucs directement en les achetant (y'a ce côté risqué un peu suranné que connaissaient nos parents avant l'avènement du téléchargement, pardon à eux), quatre albums :
- Third, de Portishead. Ecouté une fois en entier ce soir, casque sur les oreilles, allongé dans le jardin les yeux face au ciel pendant que le soleil se couchait : ça fait du bien par où ça passe. C'est pas joyeux pour un sou, mais propice à la méditation, sans non plus pousser excessivement au suicide (du moins pas explicitement). Et c'est surtout très beau.
- Empire, de Kasabian. Malgré son hideuse pochette, je me suis laissé tenter par le second album du groupe anglais dont j'apprécie beaucoup le premier du nom. Après une première écoute à moitié attentive, je ne suis pas déçu, ni dépaysé, mais y'a une certaine évolution. Il va me plaire celui-là, je le sens.
- Soft Power, de Gonzales. Alors celui-là, un véritable pari. Tout ce que je connaissais sur le mec, c'est une apparition remarquée à Taratata où il a joué du piano les yeux bandés entre deux vannes et qu'il a battu le record du monde du plus long concert de l'Histoire il y a quelques semaines de cela en jouant plus de 27 heures sans s'arrêter. Y'a que les québecqois pour être aussi dingues. J'en termine justement la première écoute, et malgré une horrible frayeur avec le second morceau de l'album qui est tout bonnement atroce (ça ressemble fort à une parodie, mais nom de dieu, 'fallait oser, quels horribles saxophones, je ne suis pas certain de m'y faire), je crois que ça me plaît, mais en tout cas c'est très particulier. Il s'amuse, le Gonzales, il fait ce qui lui plaît avec son piano, et ça se sent. J'ai pas fini de le cerner, surtout qu'il s'est apparamment frotté aussi à l'électro, au hip hop, ainsi qu'à la production d'autres artistes tels que Feist et rien de moins que Charles Aznavour. Pas n'importe qui donc.
Je dois vous avouer quelque-chose : Gonzales me fait peur.
- Enfin, pour terminer cette petite liste, accueillons Daydream Nation, de Sonic Youth. S'agissant d'un groupe légendaire qui a sorti une brouette d'album, il faut bien commencer par l'un d'entre eux. Bon, je triche un peu, je l'avais déjà écouté une fois avant de l'acheter, mais ça me plaît. Je m'attendais à me faire agresser dès le premier morceau mais en fait pas du tout, Teen Age Riot est une magnifique rampe de lancement pour profiter du CD, c'est bruyant mais pas rebutant, ça se laisse apprécier dès la première écoute si on est prêt à encaisser autre chose que du lisse et policé (je venais de me manger le premier album des Stooges, ça a dû aider).
Voilà, c'était la note musicale du jour !
28 mai 2009
Lui aussi, il revient
23 mai 2009
Interstellar Overdrive (parce-que Pink Floyd c'est bien)
Il y a des jours comme ça où la motivation manque à l'appel. Radicalement. On est patraque, un peu malade, on s'endort sur ses feuilles, qu'il s'agisse d'écologie des populations ou d'analyse du système administratif, on tente d'étudier au lit (je fais toujours ça, simple étape de transition avant une bonne sieste, une excuse quoi), mais non. Pourtant le stress n'est pas là. Dans une semaine l'examen de macro-économie sera déjà passé, un gros poids en moins, surtout qu'il semblerait que mon cerveau commence doucement à assimiler cet ahurissant fatras de formules et de graphiques qui, apparamment, ont une influence sur la vie tous les jours de moi-même et du chat qui ronfle à mes côtés quand je tente de travailler.
Alors pour tuer le temps on fait comme tout le monde, on perd son temps sur Facebook, pour constater que d'autres ont eu la même idée et se sont senti obligé de le signaler d'une manière ("Je fous rien lol") ou d'une autre ("J'ai battu machin à Tetris" = "Je fous rien lol"). Tranquille monotonie d'un quatrième blocus qui ne demande qu'à se terminer. Hâte de remonter sur scène, c'est pas comme si la farce Raid Rock avait suffi... par contre ça met en appétit.
Un mois à étudier des feuilles pour en remplir d'autres et espérer qu'au final ça fera de bons chiffres, histoire de pouvoir faire pareil en différent l'année qui suivra. Sans toujours savoir où diable tout cela va mener.
Je signale enfin quelques découvertes sympas en matière de blogs BD, là à gauche, le gros coup de coeur du lot étant décidément Manu-XYZ dont l'indéniable talent au dessin n'a d'égal que sa capacité à faire passer des messages et de l'émotion par ce canal. J'ai envie de dire "le successeur de Boulet" car il m'y fait vraiment penser, mais le Boulet en question étant toujours dans une forme olympique, je me contenterai de dire que c'est un type doué.
14 mai 2009
In a jellyfish mood
Les états d'esprits animaliers, j'aime ça. J'ai réalisé que mon ancien totem, notre ami le paresseux, n'était plus d'actualité. Veuillez accueillir un animal autrement plus amusant, qui agrémentera vos journées jusqu'au 19 juin.
12 mai 2009
E.T. revient.
Je vais très rarement au cinéma, mais il y a un film qui risque bien de me forcer à bouger mon cul jusqu'à la salle la plus proche au mois d'août pour y cracher 7€, il s'agit de District 9. Je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à hier soir, quand je suis tombé sur cette bande annonce :
Ce sera peut-être une sombre daube (enfin c'est quand même produit par Peter Jackson, y'a pire), mais le thème me plaît. Contrairement aux habituelles histoires d'aliens, les méchants ici semblent être les humains, et les paumés sont les "envahisseurs". Maintenant, j'espère qu'ils éviteront l'excès inverse du style "la sagesse des extra-terrestre ne peut rien face à la violence des méchants et cruels humains", ça gâcherait un peu tout.
Sinon il fait gris, il pleut, je suis en blocus, et laissez-moi tranquille.
26 avril 2009
Back to festival.
Hier donc, accompagné de mes cousines et d'une de leurs amies, je suis allé au festival Un Soir Autour du Monde, dans les ruines de l'abbaye de Villers-La-Ville. Le décor : des ruines magnifiques, deux scènes (nous n'en fréquenterons, à peu de chose près, qu'une seule), un ciel gris, et relativement peu de monde. Oui, peu de monde, chose surprenante même si la publicité autour de l'événement a quand même été carrément absente, ce qui est bien dommage vu la qualité de l'affiche et la beauté de l'endroit. Mais bref, finalement, assister à des concerts sans risquer de crever étouffer par la foule n'est pas si grave.
Qualité de l'affiche, disais-je donc. Une affiche typée "chanson française alternative" si j'osais dire. Bon, en gros, j'y allais pour Debout sur le Zinc et Thomas Fersen, ce qui n'est déjà pas rien. Cela ne nous a pas empêché d'arriver et de voir le collectif Ntoumos finir de se démener face à un public plus que clairsemé, et c'est dommage car ils balançaient un sacré bon son, mélange de hip-hop et de grosses guitares, même si leur myspace insiste aussi sur des influences jazz. Bref, c'était cool, mais passons à la suite. Felipecha, entraperçu quelques minutes, ne me laissera qu'un vague souvenir sympa avant d'aller me payer un pain-saucisse rachitique sans oignons à 3€60 (sans oignons bordel, c'est un scandale !). Enchaînons enchaînons.
Enfin, voici ceux pour qui nous étions venu. Il faut savoir que ma cousine est pote avec Debout sur le Zinc et les a déjà vu une bonne trentaine de fois ; du coup, on a carrément été invité, ce qui est quand même la classe, avouons-le. Déjà conquis par leur gentillesse ("- et c'est qui le type sympa à qui que je viens de serrer la main là ?" "- le chanteur" "-ah bah putain"), et leur album Des Singes et des Moutons (que j'écoute depuis déjà plusieurs années), il ne me restait qu'à les voir confirmer ce qu'y m'était asséné depuis des heures : ils sont super bon sur scène. Et je ne peux que confirmer, j'étais loin de connaître tous les morceaux joués, mais c'était magistral, un putain de concert suivi du deuxième rang. Sept membres, sept bêtes de scène, tous aussi présents l'un que l'autre. Mention spéciale au chanteur HYPER SYMPA, dont on se demande s'il est possible de lui virer son sourire, et au contrebassiste dont la performance scénique n'a pas fini de me faire rêver. Du coup, évidemment, j'ai craqué, et je me suis payé l'album que j'écoute en ce moment, De Charybde en Scylla, qui est vachement bon (J'ai et Aller Simple, pour ne citer qu'eux, sont aussi bon sur album qu'en live, rien que pour les mélodies qui s'accrochent au cerveau et ne le quittent plus).
Pour vous donner une vague idée du concert, voici une petite vidéo pêchée presqu'au hasard :
Le mieux dans tout ça, c'est qu'à la fin d'un concert pareil, je serais déjà reparti complètement ravi. Du coup, le concert de Thomas Fersen faisait carrément office de "bonus sympa", genre j'aurais pu m'en passer. Thomas Fersen merde. Pour ce concert, changement de tactique : on s'éloigne, histoire de profiter des jeux de lumière et de la vision de la scène perdue au milieu des ruines d'une abbaye. Je me demande ce qu'aurait pensé un moine du XIIIème siècle à la vue d'un troubadour vêtu comme... comme... comme ça :
Forcément, ça surprend, mais on s'y fait vite, le personnage en lui-même étant déjà tellement spécial que son acoutrement paraît vite évident. Au final, c'est un grand artiste qu'on a pu admirer, enchaînant ses morceaux très professionnellement sans oublier de communiquer avec le public (de manière "fersenienne" cependant, je ne peux toujours pas affirmer avec certitude qu'il n'était pas complètement défoncé). Jouant quelque'z'uns de ses hits (La Chauve-Souris, Monsieur, mais pas Le Chat Botté, à mon grand regret), il a également défendu son dernier album (que je ne connaissais pas) et s'est même permis de réciter un poême, comme ça, pour rire, et de laisser chanter son guitariste le temps d'un morceau. Bref, malgré le peu de monde présent, c'est sous une pluie d'applaudissement (et la pluie tout court) qu'il a fini par quitter la scène, peu après minuit.
Une très très bonne soirée qui me fait attendre avec une impatience plus grande encore les festivals de cet été, en espérant assister à au moins un ou deux d'entre-eux.
25 avril 2009
Give me good good times around the bend !
Après avoir craqué récemment sur les Ting Tings et leur We Started Nothing, dont les morceaux Great DJ et Shut Up And Let Me Go n'ont pas fini de me faire sautiller, voilà que je flashe totalement sur The Asteroids Galaxy Tour. Bon, je ne connais vraiment que leur single Around The Bend (qui avait servi pour une pub d'Apple) et bien sûr, je le découvre après tout le monde mais quand même, quel pied ! J'ai bien envie de me payer leur album, juste pour voir ce qu'il vaut. Il n'empêche que je dois me rendre à l'évidence : j'aime la pop acidulée, pas prise de tête, voire carrément hype. Choc. Ma passion pour les Scissor Sisters aurait dû me mettre la puce à l'oreille.
Ecoutez-moi ça, c'est pas juste bon ?
The Asteroids Galaxy Tour - Around The Bend (HQ)
Après ce message express, je dois vous laisser car je vais me préparer pour aller voir Debout Sur le Zinc et Thomas Fersen à Villers-La-Ville. Une bonne soirée en perspective. Ha!
02 avril 2009
Un peu de lecture, si vous avez le temps.
En retournant dernièrement sur le blog de Maître Eolas après n'y avoir pas mis la souris pendant quelques semaines, je suis tombé sur deux articles qui m'ont particulièrement intéressé et plu. Ceux qui me connaissent le savent, je crois, j'aime les débats et les discussions, ce qui implique un minimum de contradiction. Il m'arrive de tomber dans la contradiction gratuite, et je le regrette en général très vite, mais en général j'aime bien argumenter et discuter, parfois juste pour le plaisir de mettre en avant un point de vue intéressant, même s'il n'est pas forcément le mien. Je trouve ça important, ça évite de stagner.
Et justement, parmi les gros buzz récents, il y a eu cette phrase du pape, relayée absolument partout avec indignation. Indigné, je l'ai clairement été aussi en entendant que les préservatifs n'étaient pas une solution contre le sida, en gros. Je n'ai d'ailleurs pas été plus loin, j'ai même fait, comme la plupart des gens, l'association "pape=vieux connard". Normal. En plus, si on y ajoute l'affaire Williamson et celle de la fillette brésilienne excommuniée, y'a même plus besoin de réfléchir, l'évidence est là. Vraiment ? Je suis le premier à dire qu'il faut se méfier un minimum des médias, et je gobe sans réfléchir une information formulée comme une attaque en règle contre une cible facile et vendeuse ?
Le problème n'est pas le contenu de la phrase sur le préservatif, le problème c'est de se demander si ça n'a pas été tiré de son contexte, voire même carrément reformulé par facilité. Et je n'y aurais pas pensé si je n'avais pas lu cet article de ce cher Eolas. Si vous avez un peu de temps, jetez-y un gros coup d'oeil, ça vaut la peine. Après, on est d'accord ou pas avec cette réflexion, mais je trouve qu'elle ne manque pas de courage. Les voix discordantes, je trouve ça indispensable au bon fonctionnement d'une société, et cette quasi unanimité contre le pape et l'Eglise en général me paraît juste trop facile. Pourtant, Dieu sait (ah ah) si je ne porte pas l'Eglise dans mon coeur, je la trouve anachronique, agaçante, absurde, vous voyez ? Mais ça n'empêche pas de réfléchir un peu.
Et ce que je trouve encore plus fort de la part de cet avocat, c'est de défendre brillamment l'Eglise catholique en partant de trois cas médiatiques récents et puis, six jours plus tard, expliquer aux strasbourgeois que oui, ils peuvent s'opposer tout à fait légalement à la police quand elle leur impose de fermer leur gueule (illégalement cette fois). Mieux, leur donner les outils légaux pour s'opposer efficacement au "pouvoir". Comme quoi on peut défendre une entité conservatrice et être un rebelle dans l'âme, moi je trouve ça fun. C'est ici, c'est intéressant et en plus c'est rigolo.
Extrait :
Donc que faire si la police sonne chez vous pour s'offusquer d'un drapeau pacifiste ?
1 : Refusez-lui d'entrer. La police n'a pas le droit de pénétrer de force chez vous si elle n'a pas été mandatée par la justice (commission rogatoire, mandat d'arrêt, ou d'amener, etc), si elle n'est pas en enquête de flagrance (et ces drapeaux ne constituent pas un délit), si elle n'a pas été appelée depuis l'intérieur du domicile, sauf état de nécessité supposant un danger grave et imminent. Attention : si vous commettez un outrage, la police peut agir en flagrance et dès lors pénétrer chez vous. Soyez d'une politesse mielleuse.
2 : Demandez aux agents de prouver leur qualité en exhibant leur carte professionnelle. Un air patibulaire et un brassard "POLICE" sont des indices d'appartenance aux forces de l'ordre, mais insuffisants en soi. Profitez-en pour prendre note de leur nom et matricule, pour que si le préfet continue à dire qu'il s'agit d'éléments isolés agissant de leur propre chef, on puisse les retrouver et leur poser la question.
Voilà, en gros, c'était un article pour vous envoyer ailleurs de mon blog, mais hésitez pas à repasser un jour.
Petit récapitulatif :
Maître Eolas défend l'Eglise
Maître Eolas défend les pacifistes
17 mars 2009
Est-ce vraiment raisonnable ?
On va faire un jeu. Vous êtes un lycéen français et, pour des raisons qui vous appartiennent, vous n'êtes pas d'accord avec les réformes du gouvernement. Avouons que c'est quand même assez banal comme situation, surtout en ce moment. Seulement voilà, vous ne vous contentez pas de manifester mais vous vous servez aussi de votre cerveau et d'un outil bien pratique pour communiquer vos idées, à savoir Internet, où vous créez un blog. Ce dernier a peu de chance d'être fréquenté mais ce n'est pas grave, mine de rien, vous opérez une démarche constructive bien que fondamentalement "d'opposition". N'est-ce pas normal ?
Moi je trouve ça normal. Je trouve même que si on envoyait des policiers dans l'école de l'individu en question pour interroger sa proviseure à son sujet (son comportement, saisie de son dossier scolaire, etc), je trouverais ça franchement abusé. On envoie la police s'occuper des cas des gens dangereux en général je crois, enfin moi c'est ce qu'on m'a toujours dit. Non mais je demande ça parce-que peut-être que c'est moi qui suis fou.
En bref, je ne sais sincèrement pas quoi penser, j'ai pas envie de tomber dans l'excès, mais franchement là, je voudrais vraiment savoir ce qui a motivé des anciens des Renseignements Généraux français à venir faire chier une proviseure de lycée au sujet d'un bloggeur contestataire.
> Chez Rue89
> Chez Le Parisien
12 mars 2009
Livrivore
Il m’est de plus en plus difficile de rentrer dans une librairie pour en ressortir avec rien, ça s’aggrave et je ne sais pas si ça va s’arrêter. Je ne sais pas à quoi c’est dû, mais depuis cette année je mets un point d’honneur à avoir en permanence un nouveau livre à disposition, une nouvelle histoire à avaler. Tenez, depuis janvier et ce blocus qui m’a donné une formidable envie de bouffer de la science-fiction (moi non plus je ne vois pas le rapport)…
- P.K. Dick m’a fait rêver et réfléchir avec un recueil de nouvelles comprenant notamment Paycheck, Nanny et dix autres histoires d’anticipation en général marquées par une future et anachronique guerre mondiale (entre soviétique et américains, ah ah), des robots, des lois injustes et la fin de notre monde. Je crois que la santé mentale vacillante de l’auteur devait pas mal jouer sur le pessimisme rampant de ses œuvres mais quand même, qu’est-ce que c’est bon.
- Isaac Asimov m’a entraîné sur la Fondation, dans plusieurs millénaires, quand l’éventualité que la Terre soit le berceau de l’humanité ne sera plus qu’une hypothèse peu crédible et qu’un Empire galactique amorcera doucement mais sûrement son déclin. C’est la longue fresque SF qu’il me fallait, très loin dans le temps et dans l’espace, et fournie en épisodes. Comme j’y reviendrai un peu plus tard pour un autre livre, certains anachronismes m’ont pas mal amusés : par exemple, l’énergie atomique est, dans ce monde, le « nec plus ultra » de la technologie, ce qui distingue les barbares des civilisés, mais des royaumes interplanétaires « décadents » arrivent à subsister sans la maîtriser… mais sans pour autant utiliser une énergie inconnue quand le livre a été écrit. Du coup, un royaume interplanétaire fonctionnant au charbon, mais si monsieur, c’était crédible en 1951 dans la tête d’Asimov.
- Mark Leyner m’a amusé avec Mégalomachine, dont je crois et suppose qu’il n’y avait rien à comprendre si ce n’est que le personnage principal est un fou furieux immensément riche et génial protégé par des vieillardes bioniques. Le genre de personne qu’on a tous rêvé d’être un jour, ce qui doit expliquer pourquoi je l’ai bouffé en deux jours chrono.
- Thomas Gunzig m’a fait rire et m’a passionné avec Kuru, bouquin faussement engagé raillant furieusement une bonne brochette de théories du complot (tout y passe : les Illuminati, le projet HAARP, Echelon, les micro-ondes pour anéantir les manifestations anti-G8…) avec des personnages tout aussi déglingués les uns que les autres, allant de l’« étudiant en art » amorphe et sans but au clone « presque » réussi en passant par l’illuminée se découvrant des pouvoirs magiques et d’autres tarés plus ou moins violents.
- Arthur C. Clarke m’emmène loin dans le système solaire avec 2001, l’Odyssée de l’Espace, dont je n'ai toujours pas vu le film. Je me demande quand même si Clarke imaginait réellement 2001 ainsi quand il a écrit ce livre. A sa publication, en 1968, Armstrong n’allait plus tarder à gambader sur la Lune, il semblait donc légitime d’imaginer que, 43 ans plus tard, la colonisation de la Lune et de Mars soit relativement avancée et que voyager vers Saturne en étant cryogénisé soit possible. On ne peut vraiment pas le blâmer de ne pas avoir prévu que les missions spatiales les plus excitantes comprenant des humains en ce début de XXIème siècle se déroulent en orbite autour de la Terre dans une espèce de grosse boite de conserve internationale. Pourtant, à côté de ça, Huyghens visite Titan, Spirit et Opportunity sillonnent Mars et Deep Impact survole une comète, pour ne citer qu’eux. En fait, Clarke ne semblait simplement pas imaginer que les êtres humains
aillent un jour aussi loin sans être présents physiquement. Évidemment, ça n’enlève rien à la grandeur de ce livre, que j’aurai probablement terminé demain.
… j’enchaînerai alors avec Les Chronolithes, de R.C. Wilson. Quel dilemme, tout à l’heure, quand je suis entré dans une librairie où je n’avais quasi jamais été et que je suis tombé successivement sur la suite de Fondation, la suite de H2G2 et ce livre de Wilson. Asimov, Adams ou Wilson… j’ai choisi Wilson car c’est le seul dont je n’ai jamais rien lu, et j’espère ne pas être déçu. De toute façon, les deux autres finiront sous peu par être miens. En attendant, laissez-moi, je vais manger du pain d’épice.


